Mamange de Maël, comment essayer de faire son deuil,reconstruire sa vie et faire face aux restes.
Aujourd'hui, nous sommes mercredi ... Il y a 4 semaines, Maël était encore en moi ...
Je n'ai pas vu passer ces 4 semaines. Je ne connais même pas les titres de l'actualité de ces 4 semaines. Je ne sais même pas comment j'occupe mes journées. Heureusement, que nos actes quotidiens, faire le lit, se préparer, ... me permettent d'oublier quelques instants. D'apaiser cet esprit torturé.
Je ne suis que l'ombre de moi-même. Mon coeur est mort. Sourire, rire à nouveau me semble une trahison envers notre fils. Il est partout chez nous. Une musique, un objet, un livre acheté pendant ma grossesse. Je me sens si seule, abandonnée. J'ai l'impression qu'il n'y a que mon mari et moi, et autour des personnes s'activent. Nous sommes transparents.
Plus rien ne fait plaisir. Je n'ai envie de rien. Même notre voyage ne m'inspire rien. Les semaines, les jours, les heures passent et cette douleur, cette blessure est aussi vive comme au premier jour.
A chaque fois que je regarde mon mari, je vois dans ses yeux cette immense tristesse, cette douleur qu'il essaie de masquer aux autres. Hier, je l'ai surpris en train de regarder l'aquarium sans Hyppolyte, le poisson de Maël ... même ce pauvre poisson a agonit.
En ce moment, c'est trop dur. Parfois, j'ai envie de rejoindre Maël, être avec lui et puis, je pense à mon mari. J'ai l'impression que cette douleur ne va jamais s'attuener. Il n'y a plus rien dans mon regard. Parfois, je reste des heures à regarder dehors dans le vide, comme si j'attendais que mon âme disparaisse de la terre. Je ne sais même plus ce que j'attends de ma vie. Je me demande pourquoi à nous? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter cette souffrance?
Rien ne sera comme avant. Cette vie à deux me semble parfois pesante. On parle de lui mais ça ne passe pas. Notre vie est un cauchemar éveillé. On n'est pas préparé à vivre ce deuil, une naissance c'est la joie. Et puis, la mort est un sujet tabou dans notre société, surtout celle d'un enfant.
Je ne sais plus où j'en suis.