Mamange de Maël, comment essayer de faire son deuil,reconstruire sa vie et faire face aux restes.
Hier soir, au fond de mon lit, j'ai craqué. Depuis longtemps que je n'avais pas pleuré dans mon lit, dans le noir. Je pensais à Maël qui me manque tant. Son absence est tellement lourde à porter. Je pensais au petit être qui est en train de s'installer confortablement. J'ai tellement peur que l'aventure se termine le mardi 20 mai. Tous les jours, je me répète: je ne perds pas de sang, tout va bien.
Je crains d'affronter l'écran de l'échographie. Regarder cet écran et surtout entendre un petit coeur qui bat à la chamade. Je veux l'entendre ce petit coeur. Je serai seule au rendez-vous. Zhom part en formation dès mardi, pour deux semaines. Il rentre juste le week-end. Ici, il n'y a personne pour m'accompagner, aucun ami, aucune famille.
Je me fais peur. Je suis persuadée que cette grossesse se déroule correctement. Si ce n'est pas le cas (mais elle se déroule bien), la chute sera vertigineuse. Parfois, je culpabilise d'être aussi positive. Pour Maël, dès le départ, je sentais que je n'irai pas au bout de la grossesse. Combien de fois l'ai-je dit? Là, c'est l'inverse, je sens que tout va bien.