Mamange de Maël, comment essayer de faire son deuil,reconstruire sa vie et faire face aux restes.
Voilà, j'ai terminé avec mes petites sections pour le moment. C'est difficile de les laisser, ils sont attachants. Mais, je sais que c'est pour mon bien et celui surtout de notre petite crevette. J'ai de plus en plus de mal à me lever le matin, faire la route et gérer la classe. Hier soir, en faisant les courses, le supermarché s'est transformé en bateau, il tanguait ... Du coup, en rentrant, je me rassurée en écoutant notre petite crevette avec le doppler et cette nuit, puis ce matin, je l'ai sentie bougée ... que du bonheur.
Pour en revenir à mes petites sections, je leur ai dit que je serai absente la semaine prochaine et assez longtemps. Ils m'ont répondu: "si tu es absente, c'est que tu es malade". Je ne les ai pas contredit, je ne voulais pas leur parler de petite crevette. Je ne voulais pas ... j'ai envie de garder cela pour moi.
L'avantage d'avoir été mise au courant deux semaines avant de mon arrêt, c'est que j'accepte peut-être plus facilement mon arrêt (même si j'angoisse de rester chez moi). J'ai le temps de me préparer psychologiquement et aussi de préparer mes élèves à mon départ. J'ai la chance d'être en "doublette" avec ma remplaçante actuellement (qui est rattaché à l'école où j'enseigne le lundi et le mardi). Lundi et mardi, ce seront les deux derniers jours, mais avec les CE1 - CE2.
Mardi soir, petite crevette m'a fait peur, je ne la sentais pas bougée. J'étais si stressée, si fatiguée, si en colère que petite crevette devait le sentir. Mais, nous nous sommes rassurés avec le doppler. Je pense qu'elle préfère les maternelles aux élémentaires. Lorsque je suis en maternelle, la petite crevette est très active, ce qui n'est pas le cas en élémentaire (où je râle plus, je suis un peu plus "sur les nerfs").
En ce moment, je n'arrête pas de penser à Maël. J'ai peur de l'oublier, de laisser une trop grande place à petite crevette. J'ai peur qu'il pense que je l'aime moins que petite crevette. Ce ne sont pas les mêmes bonheurs, ce n'est pas la même grossesse. J'ai l'impression de marcher sur un fil de funambule, je ne sais même pas comment je fais pour supporter toute cette pression. Parfois, j'aimerais tellement être en décembre. J'angoisse de passer la dernière quinzaine d'octobre et le mois de novembre, alors que le suivi va s'intensifier.
Je sais que Maël veille sur sa petite soeur. Je suis sûre que notre petite crevette et en forme et se porte à merveille.