Mamange de Maël, comment essayer de faire son deuil,reconstruire sa vie et faire face aux restes.
Je ne sais pas ce qu'il se passe. Je suis heureuse d'être enceinte, heureuse qu'à l'échographie de lundi tout était normal. J'ai revu la petite crevette avec son activité cardiaque. Le défaut d'accolement est toujours présent mais il se résorbe.
Et puis, je pleure tous les soirs en ce moment. Je me sens si seule. J'ai l'impression de m'éloigner de mes amis, de ma famille, de mon mari. Je suis ailleurs. Ma conscience me mène ailleurs. Je suis si fatiguée.
J'ai beaucoup de difficulté à gérer le premier trimestre de cette grossesse. Dans un peu moins d'un mois, nous devons faire la déclaration de grossesse. Après, il faudra l'annoncer à l'entourage. Je m'attends déjà à avoir des réflexions. Les gens critiquent très facilement. Elle est aisée la critique lorsqu'on en dehors de l'histoire. Personne ne peut imaginer ce que l'on vit une fois que les portes sont fermées.
En ce moment, j'écoute en boucle Les Quatre saisons de Vivaldi. Chaque mouvement de cette musique fait ressortir une émotion qui est en moi. J'apprécie chacun des concertos. Ecouter cette musique me rappelle mon enfance. Maman nous mettait chaque dimanche matin un morceau de musique classique le temps que tout le monde se prépare.
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Je pense qu'avec L'Adagio d'Albinoni, ce sont les deux premiers morceaux que j'ai su reconnaître le plus tôt dans mon enfance. Même l'Adagio, j'ai réussi à le jouer à la guitare classique.
Peut-être qu'en ce moment, je me réfugie dans la musique classique car elle "me parle", elle exprime des sentiments que j'arrive à nommer.
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Je m'en veux de ma réaction envers Christel le week-end qu'elle est venue à Bourges. Juste un mot de travers de sa part ou un mot que je n'ai pas interprété correctement, involontairement et j'ai transformé une étincelle en un véritable incendie. Je me rends compte qu'heureusement, je n'ai pas repris le travail car je suis encore fragile.
Je me suis excusée auprès de Christel, mais j'ai l'impression qu'elle ne me pardonnera pas. J'ai cassé quelque chose. Peut-être qu'en ce moment, elle stresse en attendant également les résultats du 1er mouvement dans son nouveau département.
C'est de ma faute si nous en sommes arrivés là. Je culpabilise. Depuis longtemps que je ne me suis pas sentie aussi mal dans une amitié.
Aujourd'hui, il y a du soleil. Il faut en profiter. Il faut que j'arrive à sortir de chez moi. Je crains le monde extérieur, le regard des autres. Je suis tellement contractée que j'en ai mal aux muscles.
Je suis enceinte, Maël veille sur nous, j'ai un mari formidable, je vais bientôt quitter mon école "officiellement", il faut profiter de chaque instant de ce bonheur. Chacun de ces petits bonheurs parsèment nos vies et il est dommage de passer à côté.