Mamange de Maël, comment essayer de faire son deuil,reconstruire sa vie et faire face aux restes.
J'ai retrouvé le sommeil ... la nuit ! Je me réveille trois fois pour me rendre aux toilettes ... mais je dors la nuit. Pour cela, je m'efforce de ne pas m'endormir dans l'après-midi.
La fin de la semaine et la semaine prochaine, je reprends les examens après une dizaine de jours d'accalmie. Vendredi, une prise de sang et lundi, une nouvelle échographie à 10h00. N'oublions pas, je dois suivre le protocole. La même peur est toujours présente, j'ai toujours cette fixation sur l'activité cardiaque, mais j'y pense moins. Peut-être que j'y penserai plus durant le week-end.
Sinon, depuis ma visite du mardi 20 mai et l'arrêt de l'aspegic, les saignements se sont arrêtés. Je croise les doigts pour que cela dure. Parfois, j'ai quelques glaires marrons, mais je sais qu'il faut que le défaut d'acollement s'évacue. J'ai eu exactement la même chose pour Maël.
Même si j'évite de me projeter dans cette grossesse (sûrement pour me protéger), il m'arrive de me demander comment je vais pouvoir préparer l'arrivée de cette petite crevette. Les mamans qui attendent un deuxième enfant vont utiliser certaines affaires du premier. Mais moi, ce n'est pas pareil. Chaque vêtement, chaque objet avaient été choisis pour Maël. De toute façon, je n'en suis pas là, pas encore. Il faut déjà que je termine le 1er trimestre, puis le 2e, entamer le début du 3e .... et là, réussir à ne pas paniquer. Le chemin est long et me semble périlleux.
Je pense que je suis sereine actuellement. Mais, je m'aperçois qu'il existe encore en moi des blessures qui sont vives. Je n'arrive même pas à mettre un message pour souhaiter la bienvenue à un nouvel être, ni à féliciter les parents. Je n'arrive même pas à l'écrire. Je suis contente pour ces nouveaux parents, mais je n'arrive pas à l'exprimer. Je supporte pas les gens qui étalent leur bonheur avec leur nouveau-né. Je ne sais pas s'ils pensent aux personnes qui sont autours. Nous ne connaissons pas l'histoire de chacun et certaines paroles peuvent blesser et nous renvoyer tout simplement à notre propre échec.
Voilà, je l'écris: échec. En aucun cas, Maël est un échec, car j'ai de formidable souvenirs avec lui. Mais, maintenant, actuellement, parfois je me dis que je n'ai pas réussi à le protéger, à me rendre compte qu'il n'allait pas bien. Cette idée est moins présente, mais elle revient parfois.
Tout compte fait, je m'aperçois, au fil des jours qui passent, que la blessure ne se refermera jamais. Je suis obligée de conjuguer avec mon passé pour imaginer mon futur et apprécier l'instant présent. Nous ne pouvons pas tout contrôler. Il y a des variables qui nous échappent. Et moi, avant le décès de Maël, je contrôlais ma vie. Maintenant, j'apprends à conjuguer au présent, à me dire que Maël veille sur nous et que la vie est imprévisible.
Sinon, j'ai également hâte d'être à la semaine pochaine, mais pour une toute autre raison: le résultat du mouvement, prévu pour le vendredi 06 juin à midi. Aurais-je un de mes vingt-cinq voeux ???? J'aimerais bien, même si la probabilité est faible. Comme je le dis, le mouvement c'est comme le loto, il faut choisir le bon numéro ! Dans tous les cas, j'ai l'autorisation exceptionnelle de participer au second mouvement, si je n'obtiens pas de poste. Mais j'ai hâte de savoir. Début juillet, avec les grandes vacances, je retournerai dans mon école rapporter des livres et récupérer mes dernières affaires. Cette école sera derrière moi et je n'ai aucun regret de la quitter après tout ce que j'ai vécu avec les collègues du R.P.I et certains parents d'élèves.