Mamange de Maël, comment essayer de faire son deuil,reconstruire sa vie et faire face aux restes.
Le plus difficile est de continuer à vivre. En ce moment, je n'y arrive pas. Je n'arrête pas de penser à mon ange. Je n'arrête pas de pleurer. Il n'y a même plus de colère dans mon corps. Je ne pose plus ces incessantes questions de savoir pourquoi, pourquoi moi, pourquoi nous ? Non, je pleure de rage. Je pleure car j'aimerais juste avoir un petit rayon de soleil dans ma vie. Avoir quelque chose qui m'indique que je peux avoir confiance en l'avenir. Si on regarde bien, il ne me reste plus rien. En quoi puis-je croire ? Tout le monde nous dit, me dit, que Maël aura un petit frère ou petite soeur, plus tard. Oui, mais moi, c'est maitenant que je veux un bébé ou c'est maintenant que je veux un grossesse. J'ai l'impression que je ne m'en remettrais jamais. Les gens, ils imaginent même pas la souffrance, ils imaginent même pas comment peut être une de mes journées. Même si la cicatrice extérieure commence à se refermer, à l'intérieur c'est à vif. Je me sens si seule, je ne sais même pas à qui en parler, qui pourrait m'écouter dans mon entourage.
Cette grossesse, je ne l'ai vécu à fond qu'à partir de la 3e échographie. Avant, j'ai toujours été sur la réserve. Pourquoi ? Comme si je prévoyais le pire. Au moment où j'ai commencé vraiment à y croire, à rêver de mon ange, à me dire que j'irai au bout de cette grossesse, je l'ai perdu. Je me demande comment je fais pour avoir encore des larmes. Je n'ose même pas imaginer le futur. J'ai tellement peur d'être déçue, de me prendre une nouvelle claque. Je l'espère tellement cette nouvelle grossesse, j'ai tellement peur d'être décue cycle après cycle. J'aimerais tellement avoir un signe de Maël.
Et parallèlement, la mémoire revient. Ces souvenirs si doulereux qui remontent à la surface, n'est-ce pas le signe qu'il y a une amélioration ? N'est-ce pas le signe que je suis plus apaisée ?