Mamange de Maël, comment essayer de faire son deuil,reconstruire sa vie et faire face aux restes.
Vendredi, j'ai revu la psychologue. Parler, discuter, essayer de comprendre, accepter sont les verbes qui résument au mieux notre entrevue. Lorsque je me rends à l'hôpital, et donc au service mère-enfant, le plus difficile pour moi est d'entendre les pleurs des bébés. Et oui! L'hôpital a eu l'idée de mettre le bureau de la psychologue à l'entrée de la maternité...
Depuis deux soirs, les larmes coulent à nouveau. Ma vie ressemble à de vraies montagnes russes. Un instant vous êtes en haut puis quelques secondes après, vous êtes en bas. Vendredi, j'étais en haut. Aujourd'hui, je suis ni en haut, ni en bas.
Aujourd'hui, c'est la journée "questionnement". Est-ce le fait d'avoir pris une décision avec mon mari? Depuis que nous avons pris cette décision, des souvenirs, des émotions, ou encore des sensations de ma grossesse remontent à la surface. Parfois, je me dis que seule une nouvelle grossesse m'aiderait à faire une toute petite partie du deuil de Maël. Il me manque tellement. On débute un nouveau mois sans lui...
Mais, envisager une nouvelle grossesse ... comment la vivre? Plus jamais je n'aurais de joie face à une échographie, une visite, car maintenant je connais les limites de la médecine. Et d'un autre côté, qu'est-ce qu'il pourrait m'arriver de pire pendant cette grossesse? Je ne vois pas. La probabilité que cet événement se reproduise est d'1 cas sur 1 million.
Que vont dire les gens? Je sais que je ne dois pas me préoccuper de leurs avis. Je dois penser à nos envies. Mais c'est difficile.
Mon esprit est ambivalent en ce moment, d'un côté, je me dis que c'est complètement irréalisable et d'un autre côté, c'est comme si inconsciemment, je sais que c'est possible et réalisable et que tout se passera bien. Mon instinct ne m'a jamais trahi. Il faut juste que je fasse le grand saut.